Nouvelle mesures migratoires : la Maison-Blanche manie le bâton et la carotte

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Les États-Unis peuvent désormais renvoyer chez eux les migrants de Cuba, Nicaragua, Venezuela, Haïti. Les ressortissants en provenance de ces quatre pays auparavant échappaient au renvoi automatique. À l’inverse, la Maison-Blanche lance un processus « sûr et ordonné », lequel permettra à 30 000 personnes par mois, issues de ces quatre pays, de prétendre à une autorisation de travail pendant deux ans aux États-Unis. Les candidats devront s’inscrire, décrocher un « sponsor » aux Etats-Unis et passer les critères de sécurité. Ensuite, ils n’auront que « le prix du billet d’avion à payer ». Guerline Jozef, directrice de Haiti Bridge Alliance, dans une entrevue accordée à Magik9 le jeudi 5 janvier, a fait le point sur ce programme.

La Maison-Blanche a mis au point un nouveau programme d’immigration afin de tenter de réduire le flux d’immigrants illégaux. « Selon l’annonce faite aujourd’hui, il y a de nouvelles mesures qui affectent les personnes se trouvant à la frontière du Mexique, des États-Unis et dans d’autres pays, mais l’annonce concerne quatre pays :  Cuba, Nicaragua, Venezuela, Haïti », a expliqué Guerline Jozef, directrice de Haiti Bridge Alliance, soulignant que le premier volet de cette annonce précise que les personnes venant de ces pays qui essaient d’entrer illégalement aux États-Unis seront renvoyés au Mexique parce que le gouvernement mexicain a accepté de les recevoir. Elle prie les personnes se trouvant déjà à la frontière de ne pas essayer d’entrer aux USA de façon irrégulière parce que si elles le font, elles courent le risque d’être déportées en Haïti ou refoulées vers le Mexique.

« Le deuxième volet est qu’on donnera accès à 30 000 personnes par mois venant d’Haïti, de Cuba, Nicaragua et de Venezuela la possibilité d’appliquer à ce programme si elles ont un parrain ( sponsor ) aux USA pouvant faire l’application leur permettant d’entrer aux USA. Mais les gens doivent comprendre que s’ils ne sont pas déjà au Mexique ils ne doivent pas y accourir parce qu’on surveille tous ces détails », a mis en garde madame Jozef.  « Les personnes intéressées peuvent appliquer à ce programme en étant en Haïti, au Mexique ou dans d’autres pays néanmoins qu’elles ont une personne aux USA pouvant les sponsoriser. Un membre de la famille, un ami ou une personne ayant accepté de prendre en charge le candidat. »

Une fois l’application effectuée, le background du candidat sera passé au peigne fin afin d’identifier s’il n’a pas de dossier criminel, s’il n’a pas fait l’objet d’une décision l’interdisant d’entrer au pays pour une période de cinq ou dix ans suite à une déportation. Par la suite, le candidat sera informé si son dossier a été accepté. Et si l’application est approuvée, il sera informé des démarches à entreprendre pour venir aux États-Unis. « Les 30 000 personnes seront sélectionnées chaque mois et seront issues des 4 pays (Haïti, Nicaragua, Cuba, Venezuela). Pour le moment, le programme n’a pas de date d’expiration », a indiqué madame Jozef.

Le programme, avantages et inconvénients

« Les avantages c’est que les personnes concernées si elles ont un sponsor aux États-Unis peuvent avoir accès à ce programme. Nous travaillons avec une organisation welcome that USA qui a fait ce même programme pour les ressortissants d’Ukraine, de Venezuela. Nous leur avons demandé de faire le même programme en collaboration avec Haiti Bridge Alliance afin de mettre sur pied un programme pour tenter de trouver des personnes acceptant de sponsoriser les Haïtiens. La mauvaise partie du programme est que si une personne essaie d’entrer aux USA de façon irrégulière, elle sera refoulée au Mexique ou dans le pays d’origine (Haïti). Ce programme ne concerne pas les personnes qui arrivent par bateau. L’un des plus gros problèmes est que si la personne se fait attraper et est renvoyée au Mexique, elle sera dans l’incapacité de participer au programme dans le futur. Les personnes qui pourront en bénéficier sont tous les Haïtiens qui se trouvent en Haïti ou dans d’autres pays, mais il faut que la personne reste fixée où elle est », a expliqué la défenseure des droits des migrants haïtiens et noirs.

Le programme se différencie d’un asile

« Ce programme n’est pas un asile parce que dans le cas d’un asile, les dossiers sont traités séparément, les personnes se présentent devant un juge, fournissent des preuves. Un long processus. Par contre c’est un programme facilitant d’entrer aux USA de façon légale et de trouver d’autres possibilités. Dans un sens c’est un programme de regroupement familial, mais dans un autre sens il est beaucoup plus ouvert parce qu’une personne avec qui on n’a pas de lien de parenté peut vous sponsoriser. La personne qui servira de sponsor doit avoir un statut légal aux USA. Un détenteur d’un Green card ou citoyen américain peut sponsoriser un Haïtien », a précisé madame Jozef.  

Le programme se différencie du TPS

 « Le TPS et ce programme sont complètement différents. Nous avons lutté beaucoup pour avoir le TPS au profit des Haïtiens. Ceux se trouvant aux USA avant le 6 novembre 2023 sont éligibles. Une personne qui est entrée aux USA après le 6 novembre 2023 n’est pas qualifiée pour le TPS. La première fois qu’on a octroyé le TPS c’était en 2010 et jusqu’ici le programme est effectif. Le TPS est un programme de statut temporaire valable pour 18 mois dépendamment du président au pouvoir », a rappelé l’Américaine d’origine haïtienne, soulignant qu’il n’y a pas de date limite pour le nouveau programme. Mais elle pense qu’il sera valable pour une durée de deux ans. Au passage, Mme Josef a promis de continuer à lutter pour obtenir à nouveau l’extension du TPS au profit des Haïtiens jusqu’à ce que l’administration américaine trouve une solution permanente.

Source: Le Nouvelliste

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