Sanctions, intervention militaire en Haïti, des membres du conseil de sécurité de l’ONU se montrent réticents

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Des membres du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies se sont montrés réticents quant aux deux résolutions proposées par les États-Unis et le Mexique qui comprennent un régime de sanctions et l’intervention militaire en Haïti. Lors du conseil de sécurité de ce lundi 17 octobre, la Chine et la Russi se sont montrés perplexes. Aucun vote n’a eu lieu.

Ce n’est pas encore le jour-j mais plutôt un débat sur la crise socio-politique haïtienne. Les autorités locales et agences onusiennes travaillant en Haïti étaient censés donner l’état de l’évolution de la situation en Haïti. Le moment aussi pour les USA et le Mexique de soumettre les deux résolutions qu’ils ont rédigés.

S’il y a 22 jours il disait que tout était sous contrôle, le Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes, Jean Victor Généus a changé son fusil d’épaule. Ce lundi, il a décrit une toute autre situation, on ne peut plus catastrophique. Sans langue de bois, il avoue finalement l’incapacité du gouvernement à résoudre seul, la crise sécuritaire qui perdure dans le pays.

« Plus de 4 millions d’enfants ne peuvent prendre le chemin de l’école à cause des gangs armés », indique Généus. « Les Haïtiens ne vivent pas, ils survivent », reconnaît le chancelier haïtien.

Le Ministre dresse un tableau panoramique sombre de la situation en Haïti. Il indique que les hôpitaux, les écoles, le commerce entre autres, ne peuvent plus fonctionner à cause de la fureur des gangs armés qui établissent partout leur lois. 

Le diplomate a lancé une nouvelle fois un appel à la communauté internationale en sollicitant une fois de plus, une intervention militaire étrangère en vue de mettre hors état de nuire les bandits armées et pour que la vie reprenne son cours en Haïti.

Bien que certains pays membres ont publiquement exprimé leur soutien aux propositions du Mexique et des États-Unis, d’autres étaient hésitants, exprimant leurs préoccupations quant aux effets néfastes potentiels des sanctions de l’ONU et de l’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays.

Le projet de résolution sur les sanctions a été partagé avec les membres avant la réunion de lundi. En vertu des procédures de l’ONU, si personne ne s’oppose dans un certain délai, il sera approuvé. La résolution sur le déploiement de troupes, cependant, pourrait faire face à une bataille plus difficile même si le secrétaire général António Guterres a appelé la communauté internationale à intervenir auprès d’une force.

Pour soutenir la décision des États-Unis et du Mexique, la représentante des USA à l’ONU Thomas-Greenfield a déclaré qu’une disposition d’embargo sur les armes dans la résolution sur les sanctions empêcherait également la fourniture directe ou indirecte, la vente ou le transfert d’armes aux gangs criminels et à leurs dirigeants désignés par le conseil.

Les États-Unis, a-t-elle déclaré, selon les propos recueillis par Miami Herald, sont parfaitement conscients de l’histoire de l’intervention internationale en Haïti. Elle a parlé de la récente visite de Brian Nichols à Port-au-Prince, affirmant que “nous avons également consulté largement d’autres parties prenantes en Haïti, y compris la société civile et le secteur privé”. 

« Collègues, s’il y a eu un moment pour venir en aide aux Haïtiens dans le besoin, c’est maintenant. Face à l’extrême violence et à l’instabilité, les dirigeants et les gens d’Haïti réclament de l’aide », a déclaré Thomas-Greenfield. « Un problème de cette ampleur ne peut pas être résolu par un seul pays ou même par une poignée de partenaires de la région. Il faut une réponse internationale concertée. Il faut une coopération internationale solide. Et cela nécessite une action urgente de la part de ce Conseil. »

La Russie et la Chine se sont dites préoccupées par le fait que la question reste sensible en Haïti, où les dirigeants de l’opposition sont contre une force d’intervention étrangère et craignent qu’elle ne soit utilisée pour maintenir le gouvernement actuel au pouvoir. 

« De nombreux groupes d’opposition appellent à ne pas autoriser une intervention étrangère et ils font également référence, pour le dire doucement, à une expérience peu réussie avec une ingérence extérieure dans les affaires du pays”, a déclaré Dmitry Polyanskiy, représentant permanent adjoint de la Russie. « Nous appelons à prendre en compte ces opinions et à peser soigneusement toutes les conséquences de l’introduction de contingents étrangers dans des formats étrangers internationaux ou régionaux en Haïti. »

Polyanskiy a également insisté contre la précipitation pour mettre en œuvre les sanctions de l’ONU, affirmant que la Fédération de Russie ne peut pas soutenir “des tentatives de faire passer rapidement une résolution” sans discussions pour tenir compte de leur efficacité, de leur nature ciblée et de leurs conséquences humanitaires.

Après le conseil de sécurité, auucun vote n’a eu lieu. Deux résolutions soutenues par le Mexique et les USA ont été présentées aux États-membres : l’une sur le déploiement d’une force étrangère en Haïti et l’autre sur les sanctions contre les bandits et ceux qui les financent. Par rapport à l’atmosphère qui règne où les États sont divergents sur la question, le vote de ces résolutions sera, semble-t-il, difficile.

Il faut souligner que le verdict du Conseil de Sécurité des Nations-Unies sera connu le Vendredi 21 Octobre 2022 à l’issu d’un vote entre les membres du Conseil. La décision doit être unanime pour qu’elle soit d’application.

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