g-13702Lors d’une une conférence sur le droit à la santé des femmes, qui s’est tenu récemment à la FOKAL, qui a réuni plus de 120 participants, Olga Benoît, représentante de Solidarité Fanm Ayisyèn (SOFA), après avoir exposé les concepts et thèmes sur les droits fondamentaux et souligné que la santé sexuelle ne peut être réduite à l’absence de maladie, a rappelé qu’Haïti n’avait toujours pas inscrit les droits reproductifs dans sa législation.

Le docteur Vladimir Larsen, Président de la Société Haïtienne de Gynécologie Obstétrique (SHOG), est revenu sur les chiffres concernant la santé des femmes en Haïti. L’indice de fécondité national est de 3,5 à l’échelle nationale, avec une importante différence entre le milieu rural (4,4) et urbain. Précisant que a couverture en planning familial, ne concerne que 31% des femmes en âge de procréer.

Soulignant que 90% des femmes reçoivent un suivi médical durant leur grossesse, 62% d’entre elles accouchent encore à domicile. Par ailleurs il a rappelé les complications graves liées aux avortements [3e cause de mortalité maternelle en Haïti] clandestins (infections, infertilité, anémie, hémorragie, mortalité) et évoqué avec gravité le travail des professionnels de la santé pour parvenir à garder en vie les patientes venues à l’hôpital suite à un avortement qui s’est mal déroulé.

Concernant les grossesses précoces, le Président de la SHOG a fait le constat des conséquences pour la santé et la vie sociale et économique des jeunes femmes sans oublier l’impact souvent douloureux pour les jeunes pères et les enfants, plaidant pour une meilleure information et accessibilité au planning familial.

Le gynécologue Grand-Pierre Reynolds, Directeur de la Direction Santé familiale au Ministère de la Santé Publique a fait le point sur ce qui a été réalisé en matière d’accès aux services de santé reproductive et ce qu’il reste à faire. Expliquant que bien qu’Haïti ait amorcé sa transition démographique, des progrès importants restent à faire. Ainsi, une femme sur sept entre 15 et 19 ans a déjà accouché et la couverture en planning familial ne couvre pas les besoins.

En outre, il a indiqué, que lors de sondages, les femmes haïtiennes déclarent souhaiter n’avoir que deux enfants, alors que l’indice national est de 3,5 enfants par femme [à l’échelle régionale, Cuba a un indice de fécondité de 1,8 et la Jamaïque de 1,9]. La question de la disponibilité des services est donc essentielle, néanmoins il a expliqué que le Ministère de la Santé, faisait face à des problèmes budgétaires, à une faible organisation du système de référencement, à une population parfois dispersée et enclavée et à un nombre insuffisant de professionnels [1 médecin pour 8,000 habitants]. Parmi les réponses pour remédier aux problèmes d’accès au planning familiale, figurent l’information, la prise en charge des violences sexuelles, mais aussi le respect des choix du patient et l’acquisition des droits pour l’interruption volontaire de grossesse. Soulignant que si des progrès ont été réalisés ces dernières décennies, d’importants problèmes demeurent pour l’accessibilité aux services de planning familial.





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