poulLe Ministère l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) révèle que de 2011 à 2014, la production nationale des œufs est passée d’1 million par mois à 6,3 millions par mois, soulignant qu’à ce rythme, les besoins nationaux seront couvert à 75% d’ici 3 à 5 ans.

Le Ministère indique que la production avicole actuelle est trop faible pour satisfaire la demande locale et le marché est depuis longtemps envahi par des produits importés (30 à 40millions d’œufs par mois représentant 50 millions de dollars américains par an, et 65 millions de dollars américains en morceaux de poulets congelés par an). Par contre, il rappelle que les restrictions sanitaires appliquées sur l’importation des œufs dominicains et les changements apportés à la politique tarifaire par le Gouvernement depuis 2011, créent un « momentum » favorable pour la relance de l’aviculture haïtienne et la récupération progressive du marché local par les entrepreneurs locaux. Le Ministère souligne enfin, que l’élevage traditionnel des poules créoles, représente un chiffre d’affaire estimé à plus de 50 millions de dollars américains par an. Avec un programme plus efficace de vaccination contre la maladie de Newcastle (Lafyèv poul) et autres améliorations techniques, ce chiffre d’affaire pourrait doubler.

Objectifs de l’intervention pour la période de 2012 à 2017, reconquête d’une partie du marché national des produits avicoles :

Logique de l’intervention du Ministère :

Depuis 2011, le Ministère devait créer les conditions pour le développement de la filière œufs, en vue de faire passer le nombre de pondeuses qui était de 50,000 à un million en 2017, ceci devant permettre de satisfaire 75 % de la demande actuelle en œufs ;
Pour les poulets de chair, il s’agissait de créer les conditions pour que la production nationale passe de 100,000 à 500,000 poulets produits par mois, représentant 50% de la demande ;
Pour l’aviculture traditionnelle, l’objectif était de faire passer la production des volailles créoles de 7 à 9 millions par an.

Actions réalisées et résultat obtenus :

Les mesures prises pour l’amélioration de l’environnement des affaires en Haïti et l’application des exigences sanitaires imposées aux produits avicoles dominicains, ont favorisé d’importants investissements dans le secteur (environ 10 millions de dollars américains, couvoirs, usines d’aliment, abattoirs de volailles etc…)
De 2011 à 2014, l’augmentation de la production des œufs a été spectaculaire. Elle est passée d’1 million d’œufs par mois à 6,3 millions. La production de poulets de chair est passée de 100,000 poulets par mois à environ 250,000.
Avec l’appui du Système de Financement des Assurances Agricoles d’Haïti (SyFAAH), le MARNDR a réalisé une étude microéconomique pour établir les conditions de rentabilité de différents types d’exploitation. Cette étude permet aux acteurs du secteur financier de mieux comprendre le secteur avicole dans sa globalité et d’être plus ouverts pour financer ce secteur ;
Le MARNDR, grâce à un financement de la Banque de la République d’Haïti (BRH), vient de lancer une étude agro-économique plus approfondie sur le secteur avicole, afin de déterminer l’impact et le potentiel de ce secteur sur le développement de l’économie haïtienne ;
Le Ministère travaille en partenariat avec des entités comme le SyFAAH pour permettre aux entrepreneurs avicoles de bénéficier d’accompagnement technique, en plus du financement ;
Des démarches ont été entreprises auprès de la « Caribbean Development Bank » pour trouver un financement de 6 millions de dollars américains pour le secteur avicole ;
Pour améliorer la compétitivité de la production nationale avicole, le Ministère soutient un programme de recherche sur l’élaboration d’aliments concentrés à base d’ingrédients locaux comme : la substitution du tourteau de soja par le tourteau de jatropha (à 100%) produits localement et la poudre de moringa-Doliv (à 25%)dans l’alimentation des pondeuses ;
Le Ministère soutient la formation des éleveurs ;
Pour diminuer les énormes pertes constatées dans l’aviculture traditionnelle, causées par les épidémies de la maladie de Newcastle, le Ministère a intensifié son soutien à l’organisation de campagnes de vaccination. Près de 500,000 doses de vaccins ont été mises à la disposition des éleveurs et le réseau de réfrigérateurs solaires pour la conservation des vaccins, a été renforcé. En décembre 2014, 90% des 140 communes du pays disposaient d’un centre de stockage de vaccins

Moyens utilisés :

Le Ministère a accompagné les investisseurs privés pour la préparation d’accords leur permettant de bénéficier du programme d’incitation et de facilitation des investissements ;
Le Ministère a utilisé l’expertise des techniciens du SyFAAH pour réaliser l’étude microéconomique ;
Un consultant canadien de haut niveau a été recruté pour conduire l’étude macroéconomique ;
Un consultant affecté au Bureau du Secrétaire d’État à la Production animale a assuré, sous la supervision du Secrétaire d’État, la coordination de ces différents dossiers.
Un partenariat a été monté avec d’autres institutions (FAMV, Fondation Chibas), pour les programmes de recherche sur la préparation d’aliments. La ferme avicole de Damien est utilisée pour la formation et les programmes de recherche.

Perspectives :

Au cours de l’année 2015, la production des œufs devrait augmenter de 15 à 20 % et passer de 6,3 millions à 7,5 millions par mois ;
Pour soutenir le rythme d’augmentation de la production avicole intensive, en particulier des œufs, il faudra mobiliser pour ce secteur un financement de 18 millions de dollars américains. Ce fonds devra couvrir les investissements publics et la création de fonds de garantie pour le crédit. Pour appuyer cette démarche, le contrat pour l’étude agro-économique approfondie sur le secteur qui a été signé, sera réalisé au cours de l’année 2015.
Parallèlement il faudra poursuivre des démarches pour aider les aviculteurs à trouver du financement à travers des institutions comme le Fonds de Développement Industriel (FDI) ou la « Caribbean Development Bank ».
Le renforcement des mesures de contrôles sanitaires adoptés est aussi indispensable pour protéger les investissements ;
La poursuite des travaux de recherche sur l’alimentation est aussi une priorité ;
Le MARNDR devra également renforcer ses activités de soutien à la formation des éleveurs et le renforcement de la logistique pour l’organisation des campagnes de vaccination des volailles en milieu paysan.





No comments yet... Be the first to leave a reply!

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.