Parce qu’ils avaient été placés par des parlementaires, étaient proches de Laurent Lamothe, des diplomates haïtiens perdent leur leur poste. D’autres ont commis des fautes graves dans l’exercice de leur fonction. Le chancelier Brutus passe à l’action.

Le consul d’Haïti à Santiago a été révoqué. Le gouvernement a accepté la démission de l’ambassadeur de carrière, Fritz Cinéas et Daniel Supplice devient le nouvel ambassadeur haïtien accrédité en République dominicaine. Sitôt les formalités administratives réglées, il prendra ses fonctions puisque les autorités dominicaines avaient agréé son choix depuis mars 2013. Après la pendaison de Jean Claude Jean Harry à Santiago, la diplomatie haïtienne tente de réagir.

Vivement critiquées pour leur lenteur à réagir et son indifférence après la pendaison du compatriote haïtien Jean Claude Jean Harry, sur une place publique à Santiago, en République dominicaine, les autorités haïtiennes tentent de se rattraper. En plus d’avoir échoué dans sa mission qui consiste à venir en aide aux compatriotes en difficulté, le consulat d’Haïti à Santiago a également raté la réaction automatique qui devait suivre la pendaison de Jean Claude Jean Harry. « On a aussi raté l’occasion de rapatrier le corps de ce compatriote, c’est un manque considérable », a souligné au Nouvelliste un cadre du ministère des Affaires étrangères à Port-au-Prince.

Comme pour essayer de réparer les dégâts, le ministère haïtien des Affaires étrangères fait le ménage dans les missions et représentations diplomatiques. Une vingtaine de changements, de rappels et de révocations ont été opérés, a appris Le Nouvelliste. D’autres vont suivre. Le consul d’Haïti à Santiago en République dominicaine a été, lui, tout simplement révoqué après sa maladroite gestion de la mort par pendaison de Jean Claude Jean Harry.

Rappelé pour consultation par le ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) la semaine dernière, l’ambassadeur de carrière Fritz Cinéas est retourné en République dominicaine pour remettre une lettre de protestation d’Haïti aux autorités dominicaines. Après quarante ans de service, le diplomate en a également profité pour remettre sa démission à ses supérieurs en Haïti, a fait savoir au Nouvelliste notre contact au MAEC.

« A la vérité, l’ambassadeur Cinéas ne devrait même pas être encore en poste en République dominicaine. Il était obligé, malgré lui, de rester parce que le Parlement haïtien n’avait pas ratifié le choix de Daniel Supplice comme son successeur qui, lui, pourtant, a sa lettre d’agrément du gouvernement dominicain », a expliqué notre source.

Les critiques acerbes contre le gouvernement haïtien laissent croire qu’après la pendaison de Jean Claude Jean Harry, le consulat d’Haïti à Santiago n’avait donné que 10 000 gourdes à la veuve du défunt et était absent lors des funérailles de ce dernier. Cependant, Le Nouvelliste a appris mercredi que, maintenant, le consulat Haïti à Santiago prend en charge la veuve de Jean Claude Jean Harry.

files.phpDeux semaines après l’assassinat de Jean Claude Jean Harry, le Premier ministre Evans Paul a pris un communiqué pour condamner avec « la plus grande fermeté l’assassinat suivi de pendaison de notre compatriote Jean Claude Jean Harry, à Santiago de los Caballeros, en République dominicaine ».

Dans ce même communiqué, la Primature a souligné que dès le lundi 12 février, soit 24 heures après l’assassinat de Harry, il avait déclaré : « C’était un acte ignoble, inhumain et inacceptable ». « Le gouvernement de la République n’accepte pas qu’on traite ainsi les compatriotes haïtiens. Comme l’exigent les principes de l’État de droit, nous souhaitons que les coupables de ce crime odieux soient poursuivis, jugés et punis, enfin que les membres de la famille de la victime trouvent justice. »

En revanche, à ce jour, le président Martelly ne s’est jamais prononcé sur le dossier ni directement ni via son porte-parole, ni dans un communiqué de presse.

Par ailleurs, après la décision de la Cour constitutionnelle dominicaine d’enlever la nationalité à des centaines de Dominicains d’origine haïtienne à travers l’arrêt 168-13, les pays et les organisations de la région comme l’OEA et la CARICOM ont à l’unanimité condamné cette décision et exerçaient des pressions sur les autorités dominicaines pour les forcer à revenir sur cet arrêt.

« Mais quand les autorités haïtiennes ont décidé de régler seules cette affaire avec la République dominicaine à travers des rencontres bilatérales sans contacter les pays qui ont supporté Haïti, ils se sont sentis humiliés et ont décidé de ne plus continuer à appuyer Haïti », a expliqué au Nouvelliste notre source au MAEC.

Aux Bahamas comme en République dominicaine les compatriotes haïtiens ne sont pas mieux traités. Si, pour le moment, aucune décision n’a été encore prise par le ministère des Affaires étrangères contre l’ambassadeur haïtien accrédité aux Bahamas, le dossier est à l’étude, a confié au Nouvelliste le MAE. Les autorités haïtiennes estiment que, lui non plus, il n’a pas assez défendu nos compatriotes.





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