Andris Riché, presque à la cloche de bois, a sollicité décharge pour l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe auprès de la CSC/CA. Il est violemment chargé par certains de ses pairs qui l’accusent d’être un agent de l’exécutif. Le tribunal administratif, avant cette nouvelle passe d’armes entre « sages » du grand Corps, met les bouchées doubles pour effectuer en priorité des audits sur la gestion des ordonnateurs de deniers publics en cette année électorale.

Le sénateur Andris Riché (OPL), président autoproclamé du Sénat constitutionnellement non fonctionnel depuis le 12 janvier 2015, a écrit à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) pour demander que celle-ci fasse un audit de la gestion de l’ex-Premier ministre Laurent Salvador Lamothe. La mèche a été vendue ce mercredi par le sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé, l’un des opposants farouches au président Michel Martelly.

« Riché, agent de l’exécutif, en mission depuis longtemps, fait un job pour Laurent Lamothe. Il n’agit pas au nom du Sénat », a tempêté Jean Baptiste Bien-Aimé, qui a chambré l’OPL, Sauveur Pierre Etienne, passé maître dans le double jeu politique. Le sénateur du Nord-Est a également fustigé le président Martelly et des organisations de la société, entités à la solde de l’international pour perpétuer le désordre en Haïti.

Pour lui, la démarche n’aboutira pas, car la Constitution a tracé la procédure pour qu’un ancien Premier ministre, un ministre obtiennent décharge. « C’est le travail de la commission bicamérale de décharge composée de sept sénateurs et de neuf députés », a expliqué le sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé, qui promet de lutter contre le « plan de transformer 10 sénateurs en Parlement, en Assemblée nationale ».

En off, un sénateur a qualifié de « désordre » l’acte posé par le sénateur Andris Riché. La procédure veut que l’ordonnateur, dans ce cas-ci, l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe, écrive aux deux chambres du Parlement pour procéder à l’audit de sa gestion. La commission bicamérale sollicite, si elle ne veut pas conduire elle-même l’enquête, la CSC/CA, a expliqué ce sénateur qui affirme que le sénateur Andris Riché est « utilisé ».

« Je ne veux pas y croire. Si c’est vrai que le sénateur Riché a fait cela dans l’irrespect total de la procédure alors que quatre des sénateurs membres de la commission bicamérale de décharge sont en poste, il doit donner des explications », a réagi le sénateur Steven Benoît, qui ne rate jamais une occasion pour flinguer l’administration Martelly-Lamothe pour sa mauvaise gestion. Trois budgets non votés par le Parlement ont été publiés. On attend toujours le rapport sur l’utilisation des 5 milliards de gourdes utilisées pendant la période d’urgence décrétée après le passage du cyclone Sandy en 2012, a expliqué Steven Benoît, qui demande aussi des comptes sur PetroCaribe.

Une source bien informée auprès de la CSC/CA a confié au journal que « le sénateur Andris Riché, président du Sénat, a écrit à la Cour pour solliciter un audit de la gestion de Laurent Lamothe comme Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et pas comme ministre de la Planification ». Le secrétariat a reçu la lettre aujourd’hui. Elle a été lue en conseil. La Cour n’a pas encore réagi, a expliqué cette source qui confirme « qu’aucun certificat de décharge provisoire ne sera délivré », comme l’avait annoncé récemment la note de la CSC/CA.

En revanche, parce que 2015 est une année électorale, la « Cour a pris des dispositions pour auditer les gestionnaires des deniers publics en priorité, à commencer par les anciens Premiers ministres, les ministres, les responsables des mairies, des organismes comme l’ONA, l’OAVCT », a révélé un gros bras de la CSC/CA. Les rapports de l’apurement des comptes, avec les conclusions, seront envoyés au Parlement pour donner décharge ou pas aux ordonnateurs comme les anciens Premiers ministres, les ministres. Conformément à l’article 232 de la Constitution, c’est à la commission bicamérale de donner décharge.

Le dossier de Lamothe sera analysé après celui d’autres Premiers ministres qui étaient en attente, a expliqué cette personnalité à la CSA/CA. « Il est urgent de lever l’hypothèque légale sur les ordonnateurs », a-t-il convenu. En cas de débet, décision rendue en cas de mauvaise gestion, la commission bicamérale a la responsabilité morale de renvoyer le concerné devant la justice pour les suites légales et les sanctions prévues par la loi.

Il y a dix jours, l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe, qui avait présenté sur son compte twitter ses « félicitations au nouveau Premier ministre Evans Paul » et « bonne besogne pour une Haïti qui avance », annonce qu’il devait se rendre en Afrique du Sud. « C’est un honneur de me rendre sur la terre de Nelson Mandela, en Afrique du Sud, pour une courte visite de huit jours », a écrit Laurent Lamothe, contraint à la démission fin 2014 en vue d’un dénouement à la crise politique. L’ex-Premier ministre Laurent Lamothe est souvent présenté comme candidat à la présidence aux prochaines élections.files.php





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