En raison de l’incompétence du Gouvernement haïtien à collecter ses taxes et droits de douanes sur les produits en provenances de la République voisine et de la corruption à la frontière terrestre, la contrebande entre les deux pays s’amplifie, enrichissant certains hommes d’affaires dominicains et haïtiens en marge de la loi. Notez que selon les chiffres en provenance des douanes haïtiennes, les impôts et taxes prélevés sur ces importations par voie terrestre s’élèvent à seulement 4.5% de leur valeur, alors que ceux perçus aux autres postes douaniers (maritime et aérien) sont en moyenne de 25% de la valeur des importations correspondantes.

Georges B. Sassine, le Président de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH) exhorte le gouvernement haïtien à reprendre en main le contrôle de sa frontière et de doter d’infrastructures douanières adéquates et moderne les quatre points de passage reconnus officiellement pour les échanges entre les deux pays et permettant le contrôle des marchandises qui y transitent.

En outre l’ADIH pour contrecarrer la contrebande et la fraude s’effectuant par des points de passage non reconnus, préconise la mise en place de brigades de contrôle pour intercepter les fraudeurs (comme le font nos voisins dominicains pour la contrebande en provenance d’Haïti).

Liste des produits de contrebande entrant en Haïti (source ADIH) :
Farine, ciment, huile comestible, savon de lessive, détergent en poudre, emballage en foam (interdit d’entrer sur le marché), eau potable, peinture et vernis, produits de revêtements pour carrosserie de véhicules, beurre de cuisine, mantèque, fers pour construction, pâtes alimentaires, métal déployé, tôles : galvanisée et ondulée, plate, pré-peinte, tuyaux PVC, jus de fruits en poudre et liquide, boissons gazeuses, bière, snacks (cheeco), maïs moulu, matelas, équipements lourds pour la construction (location), ustensiles ménagers en plastique, biscuits, rhum, le granite, le marbre et le quartz, cubes bouillon et dérivés, préparations pour soupe, boissons énergisantes, savon de toilette, lait évaporé, papier d’impression, produits de nettoyage en liquide, papier hygiénique, serviettes de table (napkins), produits cosmétiques et d’hygiène (shampooing, déodorant, dentifrice), produits pharmaceutiques et suppléments vitaminés, cigarettes, céréales (corn flakes), sacs en polypropylène, pellicule plastique pour emballage, sac, pochette plastique pour emballage, fenêtres en aluminium assemblées, feuilles en plâtres (gypse), carrelage en céramique et en porcelaine.

Par ailleurs, dans une correspondance adressée au Premier Ministre Enex Jean-Charles, le Forum Économique du secteur privé, exprime « […] ses plus vives préoccupations face aux velléités de certains acteurs influents de la communauté de procéder à la levée prématurée des mesures prises le 15 septembre 2015 en vue de n’autoriser l’importation de 23 produits en provenance de la République Dominicaine qu’à travers des ports et aéroports du Cap-Haïtien et de Port-au-Prince.

[…] C’est la raison profonde pour laquelle le Forum économique a choisi d’appuyer et continue d’appuyer sans réserve les mesures prises par le ministère de l’Economie et des Finances le 15 septembre 2015 », lit-on plus loin dans cette correspondance. « Le Forum estime aujourd’hui que cette mesure, qui n’a créé aucune rareté ni augmentation de prix, devrait être étendue à 22 produits additionnels et maintenue pendant le temps qui sera nécessaire pour procéder à l’amélioration indispensable des infrastructures et au renforcement des capacités humaines des postes douaniers de notre frontière terrestre, cela dans le plus grand intérêt de la majorité de nos concitoyens »





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