filesPlusieurs centaines de militants avaient répondu à l’appel de l’opposition radicale, pour continuer d’exiger la démission de Michel Martelly, en dépit des fêtes de fin d’année. Cette manifestation, qui s’est déroulée sans incident majeur met à nu les divergences existant entre des leaders de l’opposition.

Plus de fard. La grande lutte d’influence et l’émiettement de l’opposition anti-Martelly n’est plus un secret. L’intervention du député Arnel Bélizaire au Bel-air, qui se dit fidèle au mot d’ordre de Fanmi Lavalas qui accepte de négocier, suivi du sarcasme des adhérents de Mopod et de la plateforme Pitit Desalin à son encontre, illustre le torchon qui brûle entre les leaders. Le 24 décembre, toutes les figures de proue de l’opposition radicale, Turneb Delpé, Assad Volcy, Serge Jean Louis, Louis Gérald Gilles, Rony Timothée, Arnel Bélizaire, étaient là. En revanche, la grande foule n’était pas au rendez-vous. Entre les négociations avec le chef de l’Etat et la radicalisation des hostilités, les leaders sont à couteaux tirés.

Pour le député Arnel Bélizaire, qui se présente comme porte-parole des organisations populaires (op) et membre de Fanmi Lavalas, on doit négocier avec le président Michel Martelly, pour éviter que le pays ne sombre dans le chaos après son départ. « La mobilisation ne doit pas nous pousser à commettre les mêmes erreurs de 2004 », a-t-il fait savoir.

Même son de cloche pour l’ancien sénateur Louis Gérald Gilles, membre du directoire de Fanmi Lavalas, qui était présent sur le macadam. « La négociation existe partout, même pour deux pays en état de guerre. Il s’avère que l’adversaire du peuple est le président Martelly. Ce faisant, Fanmi Lavalas s’astreint à sa responsabilité citoyenne et sa conscience patriotique pour exiger que le président se mette à l’écoute du peuple l’enjoignant à changer son comportement ».

En revanche, le Mopod et la plateforme Pitit Desalin n’y vont pas par quatre chemins : « Pas de Noël, pas de trêve », s’exclame Assad Volcy, membre de cette plateforme. « La plateforme croit dans les revendications populaires. Cela dit, elle rejette toutes les négociations et ne donne à personne un mandat de négociateur. Chacun peut avoir sa position, y compris Arnel Bélizaire qui est à la recherche d’un poste ministériel », a-t-il déclaré, ajoutant que la mobilisation de la population est contre l’occupation du pays, contre le système. « Michel Martelly et Laurent Lamothe ne sont que des prétextes pour attaquer le système. A l’occasion de la Noël, la démission de Michel Martelly serait le meilleur cadeau à la nation.»

De l’avis de Turneb Delpe, son coordonnateur, la position du Mopod est claire et reste inchangée. « Aucune négociation ne sera possible avec Martelly sans sa démission. Quand il aura signé sa lettre, nous discuterons avec lui de son départ », lâche Turneb Delpé.

Pour sa part, le leader de FOPARC, Rony Timothée, veut signaler à la communauté internationale qu’aucune baguette magique ne pourra éviter que Michel Martelly rende son tablier. « Aujourd’hui, nous les éléments de la masse défavorisée, le clamons haut et fort. Dans nos rangs, point de trêve ! La deuxième phase de la mobilisation avait donné la démission de Laurent Lamothe, la libération des prisonniers politiques, la démission du CEP. A travers la 3e phase, nous allons obtenir la démission de Michel Martelly », a-t-il dit, accusant la famille présidentielle de faire mainmise sur l’appareil d’État.

La manifestation, qui s’est déroulée sans incident majeur sous l’œil vigilant des forces de l’ordre, a parcouru divers quartiers populaires de la zone métropolitaine avant d’aboutir au Champ de Mars. Un imposant dispositif de sécurité a empêché les manifestants d’atteindre la proximité du siège de la présidence. Selon Assad Volcy, le mythe du palais national est tombé depuis le 5 décembre. Plus d’entêtement pour les manifestants d’aller jusque dans ses parages.

La mobilisation anti-Tèt kale, qui drainait la grande foule au cours des deux derniers mois, semble friser la désorganisation. Si la manifestation du 24 décembre n’a réuni que des centaines de militants, celle du 26 décembre a été tout simplement annulée. Les organisateurs projettent de gagner les rues les 28 et 30 décembre 2014, et le 1er janvier 2015.





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