Pierre Espérance : « Guy Philippe, un délinquant qui a perdu ses droits politiques après sa condamnation aux USA »

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Déporté par les États-Unis, Guy Phillipe est déjà perçu par certains comme un éventuel candidat à la présidence. Et l’intéressé lui-même n’a  pas caché ses ambitions politiques.

Intervenant ce mardi 5 décembre 2023 à l’émission « Le Rendez-vous avec Volcy Assad », le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains Pierre Espérance a encore rappelé que l’ex commissaire de police a perdu ses droits civils et politiques après avoir plaidé coupable pour blanchiment d’argent provenant de la drogue et purgé « une peine afflictive et infamante ». Il s’agit d’une douche froide pour Guy Philippe, sénateur élu mais arrêté par l’agence anti drogue américaine (DEA) juste avant son investiture comme sénateur de la République. 

Il s’apprêtait à prêter serment comme sénateur lorsque son passé trouble l’a rattrapé. Il a été arrêté le 5 janvier 2017 par des membres de l’unité antidrogue de la Police d’Haïti, la fameuse Brigade de lutte contre les stupéfiants (BLTS), en vertu d’un mandat d’arrêt international qui avait été décerné contre lui depuis des années « pour son implication dans le trafic des stupéfiants ». 

Depuis 2005, l’ancien commissaire de police et leader de la rébellion armée qui a conduit à la chute de Jean-Bertrand Aristide, était recherché par l’agence antidrogue américaine (DEA). En prison, Guy Phillipe a plaidé coupable des faits de blanchiment d’argent provenant du trafic de la drogue qui lui ont  été reprochés.

Près de 7 ans après sa condamnation, Guy Philippe a été libéré. Revenu en Haïti, il a passé deux nuits à la Direction Centrale de la Police Judiciaire. Relâché puisqu’aucun mandat d’amener n’a été décerné contre lui, Guy Philippe a entamé une tournée politique, passant aux Cayes, Jérémie et il serait attendu dans d’autres régions.

Les premières interventions de Guy Philippe donnent l’allure d’un homme prêt à tout pour devenir candidat. Il s’est rapidement positionné politiquement, montrant qu’il est contre une intervention étrangère en Haïti. Des ambitions politiques dont Pierre Espérance ne veut pas entendre parler.

« Je ne vais pas prendre mon temps pour écouter un trafiquant de drogue condamné aux Etats-Unis », assène Pierre Espérance qui amenuise les espoirs de Guy Philippe de se porter candidat à des postes électifs. « Il a plaidé coupable pour une peine afflictive et infamante. Dans la constitution 1987 amendée, dans l’article 70 alinéa 2, article 91 alinéa 3 et article 96 alinéa 3, il est clairement stipulé que tout condamné à une peine afflictive et infamante perd ses droits civil et politique. Politiquement, il est mort », soutient Pierre Espérance.

Le directeur exécutif du réseau national de défense des droits humains estime que jusqu’à ce que cette constitution ne soit modifiée, Guy Philippe ne peut se porter aucunement candidat pour un poste électif. Le militant des droits humains évoque la situation de plusieurs personnalités politiques ayant été condamnées à une peine afflictive et infamante à l’étranger. Tel est le cas de l’ancien président de l’assemblée nationale sur Jean Bertrand Aristide, 2e version, Fourel Celestin.

« Les prescrits de la constitution ne peuvent être modifiés pour un délinquant. Ce ne sont pas des lois que nous inventons », précise Pierre Espérance qui croit que Guy Philippe ne fait que semer la pagaille.

Pierre Espérance croit que l’ex rebelle de 2004 ne fait qu’utiliser « son audace pour dire qu’il va lutter contre la corruption pour afficher ses ambitions politiques ». Espérance ne croit pas en l’homme étant donné qu’il vient de purger une peine liée à des accusations de blanchiment d’argent et de trafic de drogue pour laquelle il a plaidé coupable.

Pour le directeur exécutif du réseau national de défense des droits humains estime, Guy Philippe ferait mieux de se servir de son passé pour conseiller les jeunes sur les risques du trafic de drogue et du blanchiment d’argent. 

Par ailleurs, Pierre Espérance nuance en indiquant que « Guy Philippe est actuellement au pouvoir pour avoir eu des liens étroits avec des personnalités dans l’entourage du gouvernement haïtien ». Il en veut pour preuve les hommes armés qui le sécurisent dans sa tournée politique. Espérance évoque également des liens étroits entre Guy Philippe et le directeur général de l’ANAP, institution coiffant le BSAP, Jeantel Joseph.

Dans les différentes villes où il a pu passer, Guy Phillipe a été accueilli comme une star. Les scènes de liesse ont été visibles partout. Les membres de la population se bousculaient pour se prendre en photo avec l’homme qui vient de purger près de 7 ans aux Etats-Unis.

En déportant Guy Philippe, les autorités américaines auraient remis à la DCPJ son dossier aux USA. Ce qui pourrait lui enlever tout droit d’avoir un certificat de bonnes vies et moeurs. 

Source: Gazette Haiti news

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