Entre Montana et la primature, « aucune avancée » n’a été faite pour d’éventuelles négociations politiques

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Depuis le lundi 18 juillet 2022, les rencontres politiques entre Montana, Ariel Henry et ses alliés du 11 septembre sont pratiquement suspendues. Montana préconise un exécutif bicéphale, 11 septembre veut le contraire. Les deux partis campent sur leur position. Joint par la rédaction de Gazette-Haïti, James Beltis rapporte qu’aucune avancée significative n’a été faite pour préparer le terrain des négociations politiques. Entre-temps, la population souffre.

Plus de trois rencontres ont été réalisées entre Montana, Ariel Henry et ses alliés signataires de l’accord politique pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire mais cela n’a rien donné. Les deux partis campent sur leur position. « On ne savait pas que le rétablissement des institutions démocratiques aurait posé autant de problèmes », lâche d’entrée de jeu James Beltis, interviewé par la rédaction de Gazette-Haïti.

Montana exige pendant la transition le rétablissement des trois pouvoirs avec un exécutif bicéphale alors que la Primature impose des négociations autour de certains points conjoncturels. « C’est l’international qui décide que le pays n’a pas besoin de président mais le pays ne peut pas fonctionner sans président.», explique M. Beltis, soulignant que le rétablissement de l’ordre constitutionnel aurait dû être logique pour le 11 septembre.  

Dans un communiqué publié le mercredi 20 juillet 2022, la délégation composée du regroupement PEN Montana et GREH, faisant une description de la situation actuelle du pays, avait fait des exigences à Ariel Henry et ses alliés pour rendre plus efficaces les négociations politiques. « Nou mande pou nan ajannda a gen yon pwen ki rele ‘’Retabli, sou yon baz konsansis ak tranzisyonèl, twa pouvwa Leta yo, nan lespri Konstitisyon 1987 la’’. Fòk Leta retabli lòd nan tèt li, nan enstitisyon l yo, nan kad yon konsansis laj, pou l gen mwayen enstitisyonèl ak politik nan men l pou rekanpe Larepiblik, pou l ka rezoud yon ansanm pwoblèm », a exigé le Montana.

Les tenants de l’accord politique pour une gouvernance apaisée et efficace de la période intérimaire n’ont pas pris de temps pour répondre. Alors que le Montana exige pendant la transition le rétablissement des trois pouvoirs avec un exécutif bicéphale, la Primature impose des négociations autour des points conjoncturels comme l’insécurité, la révision constitutionnelle, l’apaisement social, les élections, entre autres.

 
 
L’équipe du 11 septembre souhaite négocier sur « la question constitutionnelle, notamment la révision du système électoral, la question des partis politiques comme premiers extrants du dialogue national sur les problèmes fondamentaux de la nation et l’harmonisation des mandats ; la lutte contre la corruption et l’impunité : le renforcement et éventuellement la révision des organes de contrôle et de poursuite, la lutte contre l’évasion fiscale, les réformes institutionnelles urgentes ; l’apaisement social et la relance des activités économiques, sociales et culturelles en vue d’améliorer les conditions de vie de la population et de faciliter le retour à la paix ».
 
 
« Opération de perte de temps »
 
Faisant fi des exigences du Montana, la Primature, selon l’agenda, n’entend pas négocier sur la gouvernance du pays. Pour l’accord du 11 septembre au pouvoir, Ariel Henry doit rester en poste comme Premier ministre pour diriger la transition et organiser les élections.

« Nous avons préparé une proposition d’agenda contenant les points qui, à notre avis, méritent d’être débattus dans le cadre des pourparlers. Je suis en mesure de confirmer pour Le Nouvelliste que nous venons (NDLR : jeudi 21 juillet 2022) de transférer cette proposition d’agenda à l’équipe Montana via Monsieur Ernst (NèNè) Mathurin, sur son e-mail », a déclaré à Le Nouvelliste Me André Michel, du Secteur démocratique et populaire, l’un des membres influents du gouvernement.
 
 
« Nous avions déjà eu l’agenda lors de la 2e rencontre. C’est le même document qui a été envoyé une deuxième fois. De mon point de vue personnel, nous sommes dans une opération de perte de temps », croit le président du conseil national de la transition de l’accord de Montana.

 
« Aucune avancée significative »
 
 
Au regard de ce qui dessine, James Beltis, président du conseil national de transition fait montre d’un pessimisme inquiétant après les 3 rencontres tenues entre l’accord du Montana et les tenants du 11 septembre. « Aucune avancée significative n’a été faite. Les acteurs ne font que parler. Pour qu’il y ait avancée, il faut que l’on se soit mis d’accord sur le protocole des discussions connu des citoyens et de l’international. Ce n’est pas un jeu d’enfants. Ils n’imaginent pas que l’on aurait pris les choses au sérieux », explique M. Beltis.
 
 
 
Après trois rencontres, les tenants de l’accord de Montana, le Premier ministre et ses alliés de l’accord du 11 septembre campent sur leur position. Le protocole des négociations n’est toujours pas adopté. Le jeu d’échanges de correspondances entre Montana et Primature se poursuit.

Source: Gazette Haiti

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