Du haut de la tribune des Nations-Unies, le Président Jovenel Moïse s’est érigé en professeur et a entrepris la lourde et ingrate tâche de corriger les cahiers des différentes administrations ayant été en charge du pays de 2006 à 2016

New-York, jeudi 26 septembre 2018 ((rezonodwes.com))– Le Président Jovenel Moïse a réitéré, jeudi en milieu de journée, à la 73ème Session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’engagement solennel « pris envers le peuple haïtien et la communauté internationale de ne ménager aucun effort pour engager résolument le pays sur la voie d’un développement durable, s’appuyant sur l’Etat de droit, la stabilité politique, la lutte inlassable, acharnée et opiniâtre contre la corruption, sous toutes ses formes ».

Durant cette allocution largement diffusée à Port-au-Prince, le chef de l’état a approfondi le thème de la corruption en révélant que la République d’Haïti a reçu près de 11 milliards de dollars en dons et en prêts entre 2006 et 2016 alors que toutes ses infrastructures ne se sont pas mises en place.

Ainsi, s’interroge-t-il : « Comment parler de développement durable sans l’eau potable dans le robinet des familles ? Comment parler de développement durable sans l’eau pour l’irrigation sur les terres agricoles ? Comment parler de développement durable sans l’interconnexion des villes et des villages avec de bonnes routes ? Comment parler de développement durable sans des infrastructures électrique et numérique fiable ? Comment parler de développement durable sans des infrastructures scolaires et sanitaires adéquates ? »

Le Président Jovenel Moïse s’est non seulement élevé au rang de champion de la corruption, mais a estimé être le seul à avoir décidé de mener la guerre contre les corrompus et les corrupteurs, après cette sombre décennie de gaspillage des ressources étatiques, acculant par là son ancien « conseiller », René Préval, son mentor politique, Michel Joseph Martelly, et ses nombreux collaborateurs qui ont aidé à la planification de l’ère Privert.

« La bataille contre la corruption entamée depuis le 07 Février 2017 ne saurait rester un vœu pieux. C’est une bataille qui nous permettra de léguer à la génération future, un pays meilleur où il fera bon vivre », a lâché Moïse, sans sourciller.

De plus, le président s’est tiré une balle au pied, car en mettant à nu les pratiques contre productives de ses prédécesseurs sans arriver à convaincre qui que ce soit de la performance de son équipe, au pouvoir depuis presque deux ans, il ne fait qu’envoyer un mauvais signal aux donateurs et investisseurs qui ne voudront plus agir qu’à l’aune des résultats.

D’un autre coté, la Caravane du changement (que le président considère comme une stratégie novatrice visant à mettre toutes les ressources de l’Etat au service du peuple, à travers laquelle des fortes sommes ont été englouties) n’a pas empêché aux indicateurs comme celui du Développement humain (IDH) de plonger, aux prix des produits de base de monter en flèche et au taux de croissance de plafonner en dessous de 2%.

Enfin, le président Moïse, tout en se gardant de mentionner la dilapidation des fonds PetroCaribe et de préciser si les montants de ce programme sont compris dans les 11 milliards, n’a pas non plus avancé le nombre de corrompus et corrupteurs, à la fois de son administration et de celles de ses prédécesseurs, qui ont été épinglés à cause de leurs forfaits.

Bien au contraire, plusieurs d’entre eux, loin d’être inquiétés, bénéficient au contraire de la protection de l’exécutif, du parlement et du système judiciaire.





Comments are closed.