Le président de la République d’Haiti assume qu’il prend le contre-pied des récentes déclarations de la représentante spéciale de l’ONU en Haïti, Susan D. Page, sur le fonctionnement de la justice haïtienne et le dossier PetroCaribe. Jovenel Moïse a agité la question lors de la fermeture de la 29e conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Caricom tenue à Port-au-Prince en début de semaine.

« Je ferai tout ce qui est possible pour faire respecter l’image du pays à l’extérieur », a fulminé le président de la République mercredi matin sous le regard des chefs d’État et de gouvernement de la région qui participaient à la 29e réunion intersessionnelle de la Caricom à l’hôtel Marriott à Port-au-Prince. Les dernières déclarations de la cheffe de la MINUJUSTH relatives au fonctionnement de la justice du pays sont de nature à ternir l’image du pays, si l’on croit la réplique du chef de l’État.

Selon le président Moïse, le différend qui oppose Haïti et l’ONU, né des dernières déclarations de la représentante de l’ONU en Haïti, Susan D. Page, sur le dossier PetroCaribe, a été abordé lors de la rencontre entre les chefs d’État et de gouvernement de la Caricom. « Le dossier a été abordé dans la partie réservée à l’intérêt général et aucune résolution n’a été adoptée en cens », a indiqué le chef de l’État haïtien.

« Nous avons abordé ce dossier parce que nous travaillons pour une image de marque du pays », a avancé le chef de l’État, soulignant que tous les pays se battent pour protéger leur image. Selon lui, l’un des handicaps au développement d’Haïti c’est le ternissement de son image à l’étranger.

Pour Jovenel Moïse, avec la lutte contre la corruption, la construction d’infrastructures routières dans le pays, l’électricité 24 sur 24 qu’il a annoncée, c’est sa façon à lui de redorer l’image du pays. Il a appelé tout un chacun à voir Haïti non comme un verre à moitié vide, mais un verre à moitié plein.

L’ambassadeur d’Haïti à la Caricom, Peterson Noël, a souligné que le chef de l’État n’avait fait qu’évoquer le dossier des dernières déclarations de la représentante spéciale de l’ONU en Haïti, Susan D. Page, à la réunion intersessionnelle à titre d’information pour les autres autorités de la région. Ce n’était pas un point à l’ordre du jour, a-t-il précisé, soulignant qu’il n’y avait ni débat ni discussion sur le dossier.

Tout en saluant le fait que des juges ont été chargés d’instruire les plaintes concernant le dossier PetroCaribe, Susan D. Page regrette qu’aucun juge d’instruction n’ait été chargé d’examiner les allégations de violations des droits humains commises par des unités de la Police nationale haïtienne (PNH) à Lilavois le 12 octobre 2017, au cours desquelles au moins une personne a été tuée, ainsi qu’à Grand-Ravine le 13 novembre 2017, où huit civils auraient été sommairement exécutés, en plus des deux officiers de la PNH tués.

Elle a aussi rappelé dans une note de presse que, selon un rapport de Transparency International, Haïti est classée comme le pays le plus corrompu de la région des Caraïbes et à la 23e place des moins bien notés (157) sur 180 pays interrogés sur la perception de la corruption.





Comments are closed.