Concours

Haïti – RD : Lauréats du Concours de texte «Les nouvelles batailles d’Haïti» Suite au concours de texte français/créole organisé à l’occasion du 214eme anniversaire de la Batailles de Vertières par l’Ambassade d’Haïti en République Dominicaine sur le thème « Les nouvelles batailles d’Haïti », le jury composé de fonctionnaires de l’Ambassade et du Professeur Edlyn Dorismond, a sélectionné les trois meilleures dissertations. Les Lauréat on reçu en Prix ordinateur protable iPad, clé USB, livres…

3 Premiers lauréats du concours :

1er Prix : Jean Dieujuste Senat
2e Prix : Kens L. R. Ricatti Thelong
3e Prix : Victor Guvens

L’Ambassade présente ses chaleureuses félicitations aux gagnants, à leurs professeurs ainsi qu’à leur famille qui ont fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui.

Texte de Jean Dieujuste Senat, Premier Prix du concours :

Sous-thème Essai : « Points noirs et perspectives de notre système éducatif »

« Aujourd’hui, il est plus certain que nous avons un problème aigu de société. Les plus avisés seraient donc unanimes à reconnaitre que c’est lié à notre système éducatif, puisque c’est ce dernier qui inculque les valeurs à la société, aussi bien qu’aux institutions.

Si notre société se présente donc aussi mal, c’est parce que notre système éducatif traverse une crise interminable, et ceci ne date pas d’hier. C’est l’une des batailles à mener en ce vingt et unième siècle. Car jusque-là, l’école haïtienne, non accessible, d’où le taux élevé d’analphabète, loin d’être garante de l’avenir des générations montantes, déforme, et restreint la créativité. Notre système scolaire, aujourd’hui, désuet est trop axé sur la mémorisation, disons mieux le bourrage de crâne.

Les soucis constants de notre système éducatif ont rapport à des questions de structures, des questions d’instruments, des questions budgétaires, des questions d’organisations, et des questions liées à la préparation et la gestion des enseignants.

L’éducation en tant qu’espoir d’un peuple, et un service public doit être une priorité de l’état, ce dernier doit en effet jouer son rôle pleinement, il convient à l’état haïtien de faire de l’éducation une priorité absolue, telle n’est pas le cas aujourd’hui, une preuve tangible de ce constat, le budget alloué à l’éducation.

Il est temps que le budget assigné à l’éducation traduise notre intention de révolutionner notre système éducatif. Avec pour objectif d’entamer une vaste opération de construction d’école dans tous les coins du pays, les équipés le plus modernement possible, et que tous les enfants en âge puisse profiter de l’école gratuitement, que ce soit dans les grandes villes ou dans les sections communales du pays. Que l’école accueille 700 élèves, ou qu’elle accueille 15, qu’elle se situe à la capitale ou dans les zones les plus reculés du pays, elles doivent toutes être équipés des mêmes infrastructures, offrant les mêmes possibilités, et doter d’un financement adapté à leur taille. Outre ces choses, l’état doit s’assurer, que les élèves ont droit, à titre gratuit :

– À un repas chaud.
– Au transport pour emmener les élèves à l’école.
– À tous les manuels et au matériel d’écriture.

Une des réformes à mener aussi, c’est de mettre en place un programme national bien élaboré et définit pour éradiquer l’analphabétisation. C’est inacceptable qu’en plein vingt et unième siècle, l’heure de la technologie, que près de 60% de la population (rapport de l’UNESCO 2015) ne sache encore ni lire ni écrire. Le temps est donc venu de travailler tout le monde ensemble. Tous doivent conjuguer leurs efforts afin de vaincre l’analphabétisme et ses répercussions. Sans la participation des personnes, des organismes communautaires, des entreprises et des gouvernements, il sera impossible de renverser la situation.

Le système d’évaluation scolaire cause également problème, il est trop sélectif. Il tire certains élèves vers le haut au lieu de faire progresser toute la classe. Ceux-là qui n’arrivent pas se hisser vers le sommet, sont considérés dans la majorité des cas comme de ratés, des médiocres …etc. du fait qu’on les juge sur des choses hors de leur porter, tandis que les évaluer dans d’autre domaine, ils pourraient se révéler des génies. Juste pour répéter Albert Einstein qui a dit « Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson sur ces capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide ». Dans ce contexte, l’école doit s’assurer de la maitrise d’un socle commun des indispensables, et organiser la diversité des parcours. Ce socle commun doit être définit par la nation en s’adaptant aux problèmes réels dont fait face la société, en fomentant la vie d’ensemble et en préparant à l’exercice de la citoyenneté. L’école doit personnaliser les apprentissages, en accompagnant les élèves, elle doit s’adapter à la diversité de ceux-ci en offrant une pluralité de parcours et de réussites.

Il convient aussi de faire évoluer des programmes, un passage se la mémorisation (bourrage de crâne) à un système qui augmente les capacités d’analyse et de raisonnement est obligé. L’école doit enseigner comment penser et non pas quoi penser.

Autre aspect à tenir en compte est l’éducateur. Une chose est fondamentale, il est nécessaire d’avoir des enseignants aptes à enseigner autrement. La formation continue des professeurs est tout aussi importante, elle doit permettre à l’enseignant d’exercer son métier plus amplement et dans des meilleures conditions. La transformation et la réussite de l’école ne peuvent se réaliser sans s’appuyer sur des professeurs mieux recrutés, mieux formés et mieux rémunérés.

L’école n’est pas l’endroit pour faire le mariole. L’avenir du pays est trop important pour laisser la formation de ses citoyens au soin des recalés. En ce sens, le professeur se doit être bon dans sa matière, plus on est à l’aise dans ce que l’on transmet, plus on a d’autorité, et mieux on le fait. Il doit être étique et responsable.

La rémunération des professeurs telle qu’elle est aujourd’hui n’est pas normal, ils ne sont pas valorisés et sont surtout sous payés. Une nette augmentation pour ceux-là qui assurent la formation des générations futures du pays est nécessaire. Cela donnera de la valeur à la profession, du plaisir à enseigner, de faire de la classe, de valoriser le métier et donner envie de l’exercer. Il importe enfin que l’état haïtien conçoive et mettre en œuvre un vrai politique des ressources humaines en direction des éducateurs.

Les difficultés dont fait face notre système éducatif sont multiples et complexes, une mise en place de politique publique sur le sens réel de l’éducation dans le pays est nécessaire. Il s’agit même d’une exigence de l’heure ».





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