Union Europeenne

Dans le cadre de l’« Atelier de restitution de l’audit organisationnel du secteur de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle » (SAN), financé par l’Union européenne, Hugues Joseph, le Secrétaire général de la Primature, qui représentait le Premier Ministre, a plaidé en faveur de la mise en synergie des ressources humaines, financières et logistiques des différents acteurs nationaux et internationaux impliqués dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition en vue de l’éradication de la faim et de la pauvreté, à l’horizon 2030.

Il a réitéré la détermination de l’Administration Moïse-Lafontant d’identifier tous les secteurs concernés, d’en intégrer d’autres jusqu’ici délaissés, question d’élargir le cercle des acteurs nationaux et internationaux à mettre ensemble afin d’arriver, progressivement, à la souveraineté de la sécurité alimentaire d’Haïti, conformément d’une part aux promesses de campagne du Président Moïse et à l’énoncé de la déclaration de politique générale du Premier Ministre Lafontant et d’autre part aux 17 Objectifs de Développement durables (ODD)

L’Ambassadeur de l’Union Européenne Vincent Degert a salué les progrès réalisés par Haïti et souligné entre autres la création du Conseil interministériel de la sécurité alimentaire (CISA), l’élaboration du Plan national de sécurité alimentaire (PNSA) et la mise en œuvre d’une politique nationale de sécurité alimentaire, en passe d’être complétée par celle de la nutrition.

L’Ambassadeur Vincent Degert a annoncé dans le cadre du 11e Fonds Européen pour le Développement (FED) la signature d’un nouveau programme multisectoriel de la SAN d’un montant de 40 millions d’euros, avant la fin de l’année 2017 en faveur des populations les plus vulnérables, notamment du Nord-Ouest et de l’Artibonite. Ce programme est destiné à renforcer la gouvernance intersectorielle de la SAN en Haïti.

Plusieurs recommandations ont été faites dans le cadre de cet audit parmi les suivantes :

Faire de la SAN une politique publique complète dotée de tous ses instruments :
Cette politique nationale devrait être accompagnée d’un plan d’action opérationnel dans une optique de Gestion Axée sur les Résultats, comprenant une cartographie de tous les acteurs publics et privés, nationaux et internationaux, y inclus les partenaires techniques et financiers, avec un schéma institutionnel, organisationnel et des mécanismes de gouvernance. Elle devra également tenir compte du panorama des sources de financement et des modalités de l’exécution de la dépense,

Redonner aux 3 ministères régaliens (Intérieur, Finance et Planification) un rôle plus visible :
Cet axe permettra entres autres de redonner au Délégué les moyens d’exercer sa mission de coordonnateur des politiques publiques territoriales en dépolitisant et en professionnalisant la fonction, et de favoriser une déconcentration de la gouvernance de la SAN.

Élargir le cercle des acteurs institutionnels de la SAN :
Ajouter 4 autres ministères techniques : Ministère de l’Environnement (gestion des ressources et de l’environnement), des Travaux Publics (infrastructures de transport), du Commerce (PME et TPE commerciales et industrielles, notamment agro-alimentaires, protection des consommateurs, respect des normes et standards internationaux) et de l’Éducation Nationale (santé scolaire, pédagogie, recherche en SAN et Programme National des Cantines Scolaires).

Choisir le schéma institutionnel optimal pour une bonne gouvernance de la SAN :
Il s’agit de mettre en place le système multi-acteurs le plus approprié, capable de coordonner les différentes interventions en matière de SAN entre les acteurs nationaux, incluant les services déconcentrés et décentralisés, et internationaux.

Concevoir et concrétiser une structure de coordination rénovée :
Avec une série de mesures prévoyant une base juridique solide ; une tutelle intersectorielle affirmée au niveau du Premier Ministre ; des relations de travail suivi avec les ministères partenaires, une optimisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour réduire les distances, désenclaver, relier, assurer la communication etc…

La restitution des résultats de l’audit participe au Programme d’appui institutionnel pour le renforcement de l’État haïtien. Rappelons que la sécurité alimentaire demeure un défi en Haïti, une préoccupation pour l’État haïtien et l’une des priorités de la coopération de l’Union Européenne en Haïti, en raison de l’accélération continue de l’insécurité alimentaire qui touche près de 4 millions d’Haïtien s au pays, dont une partie importante vivent dans des conditions très précaires.





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