Loubens LamourLoubens Lamour

D’après mon ami Loubens Lamour. on entend des gens menacer les autres avec cette expession qui, définitivement,
fait partie de notre savoureux créole. Des Haitiens de la diaspora, comme pour
faire un rime arrivent même à vous dire “wap konn Jòj ak tout Jòjèt nan
Jòjya,” sans se soucier de la provenance de cette menace.
Tristement célèbre, c’était un hougan, chef de bureau politique duvaliériste, un
macoute 57 (l’un des premiers macoutes des années 1957), doublé de chef-
section des zones de Bolosse, Fontamara, Martissant et autres. Georges était un
demi-analphabète toujours armé jusqu’aux dents, qui jouait au super-star. Il
se croyait fameux et ne pardonnait pas ceux qui ignoraient son pouvoir. Ne pas
connaître Georges était pour lui un crime. Il portait toujours des lunettes noires
et s’habillait tantôt en bleu tantôt en noir avec à ses côtés deux revolvers comme
Zorro, le légendaire des films mexicains.
C”était aussi un homme laid comme les sept péchés capitaux et c’était sa
laideur et son origine prolétarienne qui incitaient chez lui ce complexe. Georges
était tellement brutal qu’il fustigeait tout le monde, qu’on ait raison ou tort, à
coups de matraque. Il était toujours ivre comme baccus et n’avait recours qu’à
son bâton pour faire ses jugements. Ceux qui connaissaient son secret vous disent
que la seule façon d’obliger Georges à cesser de vous battre, c’était de crier
VIVE DUVALIER.
C’était lui, le premier à dire sauvagement aux détenus amenés à son bureau “ou
pa konn kote w ye la a? Ou pa konnen m? M pral fè w konnen m! Wap konn
Jòj!” Voilà pourquoi les habitants de Bolosse et des environs vous disaient
souvent: “anmède kò w wa wè si m pap fè w konn Jòj!”
Ainsi se répend à travers le pays et partout où il y a âme haitienne qui vive,
cette phrase pour menace l’adversaire ou pour annoncer un malheur.





Comments are closed.