Donald TrumpDonald Trump

Dimanche 20 aout, Donald Trump a décliné sa politique d’immigration en déclarant que les anti-gays ne seraient plus les bienvenus aux Etats-Unis. Une rhétorique bien rodée depuis l’attentat d’Orlando.

Malgré les déclarations improbables qui ponctuent sa candidature aux présidentielles américaines, la dernière frasque de Donald Trump a de quoi étonner. Celui-là même qui est accompagné, dans la course à la Maison-Blanche, d’un colisiter notoirement hostile à la communauté LGBT désire évaluer les candidats à l’immigration sur la base de leur adhésion à la liberté de conscience, à l’égalité des sexes et… aux droits LGBT.

En juin déjà, la tragédie d’Orlando semblait précipiter le tournant prétendument pro-LGBT du milliardaire. Au lendemain de la pire fusillade de l’histoire des Etats-Unis, Donald Trump avait exprimé son souhait de « vivre dans un pays où les gays et les lesbiennes d’Amériques et tous les Américains sont à l’abri de l’islam radical », avant de s’autoproclamer « meilleur ami des Américains LGBT qu’Hillary Clinton. »

Donald Trump veut « mesurer » la tolérance des migrants
Lundi, alors qu’il prononçait un discours sur la politique étrangère dans l’Etat de l’Ohio, Donald Trump a donc de nouveau mêlé « pink washing » et lutte anti-terroriste. Après avoir énuméré les précédents attentats et incriminé la montée de l’Etat islamique à « l’administration Obama-Clinton », le candidat à la Maison-Blanche a condamné « l’idéologie de l’islam radical qui est l’oppression des femmes, des gays, des enfants, et des non-croyants qui ont le droit de vivre dans notre pays » et proposé une nouvelle mesure héritée des années Reagan :

Les luttes militaires, cyber[nétique] et financière seront toutes nécessaires pour démanteler le terrorisme islamique. Mais nous devrons également mener une lutte idéologique (…). Tout comme nous avons en partie gagné la Guerre Froide en exposant les fléaux du communisme et les vertus du libre-marché, nous devons défier l’idéologie de l’islam radical.
Établissant que différentes attaques terroristes « ont impliqué des immigrants et des enfants d’immigrants », il estime qu’une « nouvelle procédure de sélection [à l’immigration] est nécessaire ». En plus de fermer définitivement l’accès à certaines régions et afin de « s’exprimer contre l’oppression des femmes, des gays, et de ceux qui partagent des croyances différentes », Donald Trump souhaite soumettre certains immigrants à un « test idéologique » – composé d’après Associated Press de questionnaires, d’entretiens avec les proches… – concernant ces sujets. Ainsi, « ceux qui ne croient pas en la Constitution ou qui soutiennent la bigoterie et la haine ne seront pas autoriser à migrer dans notre pays » et « seuls ceux qui embrassent une société américaine tolérante devraient obtenir un visa » explique Trump, avant de conclure :

Je me battrai pour m’assurer que chaque Américain soit traité, protégé, et honoré avec égalité. Nous rejetterons la bigoterie, la haine, et l’oppression dans toutes ses formes hideuses, et nous nous dirigerons vers un nouveau futur construit sur notre culture et nos valeurs. C’est seulement de cette façon que nous rendrons à l’Amérique sa grandeur, et sa sécurité, pour tous.
La plupart des républicains… échoueraient au test de Trump
Pourtant, est-il nécessaire de rappeler que des gouverneurs républicains s’échinent à renverser l’ouverture du mariage aux couples de même sexe en adoptant des législation anti-LGBT à travers le pays ? Que, de fait, de nombreux habitants de Caroline du Nord et du Mississippi sont victimes d’une discrimination légale sur la base de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre ? Que l’ébauche du programme électoral de Donald Trump dévoilé lors de la convention républicaine prévoyait justement d’abolir cette égalité devant le mariage et justifiait des « thérapies de conversion » pour les enfants d’homosexuels ? Qu’en 2010 Mike Pence, le colisiter du magnat de l’immobilier, souhaitait reverser les fonds de la lutte contre le VIH au financement des « thérapies de conversion » ? L’ »islam radical » aurait-il le monopole de la « bigoterie », de la « haine » et de l’inégalité de traitement ? Il n’échappe pas à l’organisme Human Rights Campaign que, si un tel test venait à exister, Donald Trump et Mike Pence y échoueraient très certainement !

En outre, lors de son speech, le candidat à la houppe s’est également fendu d’une offensive contre Hillary Clinton en lui reprochant de toucher des donations de pays où « être gay est une offense pouvant être puni par l’emprisonnement ou la mort » alors qu’au cours de son discours, Donald Trump s’est lui-même félicité de son entente avec la Russie de Vladimir Poutine.

Donald Trump, nouvelle figure de proue de la défense des droits LGBT ? Le groupe de campagne LGBT for Trump est en tout cas sorti gargarisé par ce discours. Fort heureusement, de nombreux Twittos ont souligné l’ironie de la situation derrière le hashtag #RepublicansWhoFailTrumpTest





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